Vacances en nature

Pendant les vacances, j’ai décidé d’aller crécher temporairement dans un chalet question de faire le vide pour oublier les mauvaises odeurs et le brouhaha urbain. J’avais besoin de respirer de l’air pur, besoin d’accumuler d’autres expérience stimulantes.

C’est dans le giron des berges du Fleuve Saint-Laurent que j’y trouve mon bonheur. Situé à plus de 5 heures de route de Montréal, entre Trois-Pistoles et Rimouski, Saint-Simon-de-Rimouski m’accueille à bras ouverts.

Chalet Villa de l'Épervier

Qui dit chalet dit paresse bien assumée et bouffe simple.

C’est dans une cuisine qui sent bon le bois et bien ensoleillée que je lève le coude plus d’une fois, mange des crottes de fromage à m’en faire péter le bide et où je gagne 4 fois de suite au jeu de cartes Uno (je suis sincèrement imbattable).

Chalet salon/cuisine

Je dois préciser que j’avais déjà quelques plans en tête avant mon départ: manger une poutine à la Cantine d’Amours, me ruiner à la Fromagerie des Basques et marcher pendant des heures au parc national du Bic (pour faire descendre tout ça, bien évidemment).

Le parc national du Bic offre des beautés naturelles singulières et saisissantes. Sous le soleil de septembre, l’odeur des fleurs accompagnant la brise marine caresse la narine. Je n’ai pas pu m’empêcher de me laisser séduire par les formes et les textures diverses du parc.

Parc national du Bic

Parc national du Bic

Parc national du Bic

Parc national du Bic

Squelette d'arbre

Parc national du Bic

Ouais ben, la nature, ça donne faim. Après des heures de marche en paix, l’esprit purifié, il est temps de se mettre quelques choses entre les crocs.

Cantine d'Amours

Je ne passerai pas par quatre chemins: si je pouvais, je ferais du pouce à 8h du matin dès demain pour arriver en après-midi pour déguster leur poutine.

Poutine de la Cantine d'Amours

J’avoue, je ne l’ai pas mangée sur place. Après avoir passé plusieurs minutes dans la voiture, le fromage de la poutine est aussi ramolli que mes jambes après des heures de marche. So what! Mon verdict? Le ratio frites-sauce-fromage est très satisfaisant. La sauce a un goût incomparable et les frites sont juste assez sucrées, juste assez salées. J’ai toujours préféré une sauce brune au goût rappelant le bœuf et les champignons plutôt que la tomate et les épices à barbecue. Il en est de même pour le fromage «kwick kwick» si distinctif du cheddar en grains. Provenant de la Fromagerie des Basques, ce fromage à poutine a un goût différent, pas nécessairement plus prononcé, et se démarque des autres grâce à la fraîcheur absolument irréprochable de sa pâte. Sa texture lisse et ferme est époustouflante. C’est après avoir dévoré deux sacs de crottes de fromage que je réalise qu’il est impossible d’en trouver à Montréal!

Fromagerie des Basques

Pour me faire oublier cette injustice des plus immondes, je retourne marcher au Bic plus tard dans la semaine. Les heures passent et je me rends à la Cantine de la Mer, affamée. Fish and chips Cantine de la merJ’ai compris pourquoi il y avait une file à ce restaurant perché en bordure de l’autoroute. Leur fish and chips est à tomber par terre. Que dis-je, donnez-moi un kayak pour que je puisse m’y rendre avant demain midi! Le poisson est goûteux, frais, moelleux et enrobé d’une panure dorée et croustillante. J’en mangerais jusqu’à l’écœurement!

Le Québec est beau à voir, bon à manger!

http://www.ville-trois-pistoles.ca/

http://www.sepaq.com/pq/bic/

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Poulet du dimanche, version Thomas Keller

Ceci n’est pas un combat de chefs.

J’ai déjà vanté les mérites d’un poulet cuit pendant de longues heures avec la recette du chef Heston Blumenthal. En résumé, il dit que nous faisons trop cuire notre poulet et que c’est de cette manière que nous perdons tous les jus.

Woooo! Minute papillon moléculaire!

C’est dimanche soir. Pas envie de prendre 3 jours à préparer un poulet et je veux que la maison sente bon.

Devant mes yeux, il y a la recette de chef Thomas Keller et, dans mon esprit, la voix de chef Blumenthal qui pèse dans la balance. Je dois faire un choix: cuisson à 425 degrés pendant une heure ou me taper 436 étapes pendant 3 jours.

Voyez-vous, la recette de Keller est si simple qu’on croirait qu’on se fait niaiser d’aplomb devant nos fourneaux.

D’ailleurs, la voici:

Le poulet rôti simplissime de Thomas Keller

(pour 2 personnes)

– 1 poulet très frais de 2-3 livres
– sel et poivre
– ficelle de boucher

1. Sortir le poulet du frigo et le laisser 45 minutes à température pièce. C’est pour ne pas traumatiser la chair de la pauvre bête lorsqu’elle sera au chaud.

2. Préchauffer le four à 425 degrés.

3. NE PAS RINCER LE POULET. Sécher l’intérieur et l’extérieur du poulet à l’aide de papier essuie-tout.

4. Saler et poivrer l’intérieur.

5. Ficeler la volaille. Pour vous aider, voir la technique suivante.

6. Saler et poivrer généreusement toute la surface extérieure (environ 1 c. à table chacun).

7. Placer le poulet sur une rôtissoire et lorsque la température a atteint 425 degrés, déposer le tit oiseau au centre du four. Faire cuire pendant une heure à découvert. NE PAS OUVRIR LA PORTE DU FOUR. Je répète: NE. PAS. OUVRIR. LA. PUTAIN. D’PORTE.

8. Après une heure ou lorsque le poulet est bien rôti, le sortir et le laisser reposer pendant 15 minutes.

Poulet de Thomas Keller

Les instructions ne sont pas à titre indicatif. Pour avoir une peau croustillante et une chaire juteuse, il faut traiter la volaille avec le plus grand respect.

Notez bien que cette recette ne convient pas au moineau de 12 livres. Il se pourrait que le poulet demande davantage du temps de cuisson.

Voyage d’affaires à Atlanta

Mon conjoint est allé à Atlanta dans l’État de la Géorgie pour son boulot. Bien évidemment, j’étais curieuse de connaître ce qu’il s’est mis sous la dent et c’est un honneur pour moi de lui faire une petite place parmi mes expériences de bouffe sur ce blogue.

24 août, premier souper southern chez Cracker Barrel:

Assiette:
Fried catfish (poisson-chat frit)
Fried okra (okra frit)
Mac n’ cheese
Turnip greens (des feuilles de navet cuites dans de l’eau de jambon)

Souper chez Cracker BarrelVerdict: le poisson-chat, c’est goûteux et pas mauvais du tout. L’okra a un goût ressemblant aux haricots verts mais avec un peu plus d’amertume (ça me rappelait vraiment quelque chose mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. AH BEN TAB’, ça me rappelait l’endive cuite – mystère élucidé). Le mac n’ cheese était crémeux mais plutôt faible en saveur. Les turnip greens... pas mon truc: j’en ai mangé la moitié de mon petit bol et j’en ai eu assez.

25 août, l’authentique barbecue chez Smoke Jack.

Assiette: Mojo Smoke Combo
Burnt ends (plat typiquement américain… un peu inutile de le traduire)
Brisket (poitrine de bœuf)
Pulled pork (porc effiloché)
Légumes grillés sur charbon de bois
Frites

Souper chez Smoke Jack

Où commencer? Le pulled pork est savoureux, gras à souhait. Petit goût fumé et trempé dans une sauce un peu vinaigrée mais principalement sucrée. Ça fond dans la bouche. Le brisket, qui se présente un peu comme des tranches de rôti de bœuf, est nappé d’une sauce semblable à celle du pulled pork un petit peu plus fumée. La viande se défait toute seule sous la fourchette. D’ailleurs, le couteau n’a pas été utilisé du tout du repas. Et le clou de la soirée: les burnt ends. Un goût fantastique, le côté cramé n’est pas aussi présent que je l’aurais cru. Sauce vinaigrée et sucrée et fumée en même temps. Le seul mot qui vient en tête, c’est « savoureux ».

Les accompagnements n’ont rien d’incroyable. Les frites américaines restent désolantes: trop salées, croustillantes à l’extérieur et moelleuses à l’intérieur – on dirait des frites surgelées commerciales. Les légumes sont quelque peu fades et c’est dommage pour quelque chose de grillé sur du bois.

26 août, voici mon appréciation du Marietta Diner.

Nous approchons rapidement du Diner. Je vois apparaître un hybride entre un jukebox des années 50 et un restaurant. La façade est complètement couverte de néons de trois couleurs. 

Souper chez Marietta Diner

Une fois assis et après avoir commandé une Stella Artois, le party commence. La serveuse apporte une boule de pain challah (pain aux œufs sans levain qui contient un peu de cannelle – un peu comme une brioche) et une assiette de spanakopita qui sont offerts gratuitement. Ils sont délicieux, dorés, faits avec de la pâte phyllo et ne contiennent pas la quantité de sel et de fromage feta qui ruinent souvent ce mets.

Spanakopita Marietta Diner
J’ai suivi ton conseil et demandé les meilleurs vendeurs à la fort sympathique bien qu’un peu expéditive serveuse. Elle me répond par « breakfast, lunch or dinner? » avec un air moyennement amusé. Je réponds « dinner ». Elle enchaîne tous ses meilleurs vendeurs l’un après l’autre à une vitesse étourdissante; elle connaît son affaire. Comme de fait, j’ai choisi les côtelettes d’agneau, parce que tsé, chu moé! Avant qu’elle ne parte, je lui demande combien de côtelettes il y a dans l’assiette et elle me répond « 8 or 10 ». Woah! Avec cette assiette, j’ai droit à un choix de soupe ET de salade. J’opte pour la soupe matzo ball et la salade du chef avec une vinaigrette miel-Dijon.

Matzo ball Marietta Diner

J’ai toujours été curieux de savoir ce que goûtait la matza. Eh bien, c’est en fait une soupe de poulet et nouilles mais pas de nouilles: tu remplaces les nouilles par une espèce de grosse boule de craquelins mouillés tous amalgamés. Ça sonne peut-être dégueu mais c’est très bon. Il y avait un petit morceau de poulet qui flottait dedans aussi.

La salade était très bonne mais c’était exactement ce que ça disait, une salade du chef avec une vinaigrette miel-Dijon.

Orgie d'agneau Marietta Diner

Voici qu’arrive le plat principal. La grosseur de l’assiette!!! Tsé quand on parle du genre d’assiette américaine qui a pour but que soit tu ne seras pas capable de la finir ou que tu vas te ramasser dans un coma digestif? Ben c’est drette ça! J’en avais pas encore vu depuis mon arrivée aux États-Unis et je commençais à me demander si ce n’était qu’un mythe… Ben non! La v’là l’assiette en question! Huit côtelettes « bébé » d’agneau, des rondelles d’oignon, des épinards, des morceaux de courgettes, de carottes et de poivrons, un champignon farci avec de l’ail, du crabe et je ne sais plus trop quoi.

J’attaque l’agneau. La cuisson est parfaite, la viande succulente mais, ils ont oublié un principe fondamental: comme le disait l’autre connard (N.D.L.R: le personnage de Karadoc dans la série française Kaamelott): le gras, c’est la vie!. Pas un petit morceau de gras sur ces lollipops d’agneau, pas la moindre petite languette pour égayer mes papilles. C’est quand même très bon mais je m’avoue quelque peu déçu. Les oignon rings sont excellents, pas trop graisseux, un peu sucrés et salés. Le champignon farci est ce que j’attaque ensuite. Comme on dit à la maison: aah-yéééah (N.D.L.R.: lire ici aillé). Je ne sais pas ce qu’il y avait dans ce champignon mais c’était vraiment très bon. Les épinards et les légumes sont fades, sans vraiment d’intérêt. Je picore un peu cette partie de l’assiette mais le cœur et le goût ne sont pas au rendez-vous. Je me concentre plus sur l’agneau.

Quelque temps plus tard, je finis difficilement mon dernier morceau d’agneau – je suis repu et satisfait. Ce fût, somme toute, une très agréable expérience et je crois que le Diner mérite bien sa réputation et sa célébrité.

Liens:
Cracker Barrel: www.crackerbarrel.com/
Smoke Jack: www.smokejackbbq.com/
Marietta Diner: www.mariettadiner.com/

Mon road trip à Ogunquit

Lundi matin, mi-mai. Il fait beau, frais et je suis libre.

Je pars à Ogunquit. Place de pépères me direz-vous. En plein ça que je cherche; la lenteur, le calme, la sainte crisse de paix, quoi. Curieusement, en parlant de mes projets de vacances à mon entourage, l’opinion des gens sur cette destination se classe en deux catégories bien distinctes: soit qu’ils ne savent pas de quoi je parle, soit que cette petite ville du Maine est leur paradis de sable favori et qu’ils y retournent à chaque année. Ça promet.

Je suis en voiture et heureuse de quitter Montréal. Les routes de la région de la Nouvelle-Angleterre sont lisses, larges et les gens semblent rouler harmonieusement parmi les vallées luxuriantes vermontaises et new-hampshiriennes. Ça fait grandement changement.

5h30 de route plus tard, nous voilà arrivés à Ogunquit, au Maine. La vue est saisissante: la mer se pointe le bout du nez entre deux resorts. L’air marin et la brise nous accueillent avec légèreté. Je suis émue.

Anchorage by the Sea

Nous sommes logés à Anchorage by the Sea, un hôtel perché sur les massifs rocheux où le gazon est encore plus vert et plus parfait que chez votre voisin. Le village de vacances est impeccable. On mangerait par terre tellement c’est propre. En plus, ça parle français dans les rues. Ça fait grandement changement.

Ogunquit Beach, bitch!

En sortant de la voiture, je remarque que les lilas sont en fleurs, les oiseaux font cui-cui et moi, j’ai atteint mon 8e coma diabétique. J’ai faim. J’veux un lobster roll. Là.

Évidemment, qui dit station touristique dit j’vais-te-charger-trois-fois-l’prix-pour-la-bouffe. Feh.

Nous empruntons le Marginal Way, petit sentier pris en sandwich entre les hôtels et l’océan Atlantique. J’pense à un sandwich et je me bave dessus. Lobster roll. Lobroll ster. Rollster lob. Blor ollster. J’hallucine.

Arrivée au Lobster Shack à Perkins Cove, je veux et j’exige un lobster roll. Je veux et j’exige de le manger devant la mer, le vent dans l’toupet. Je ne suis pas déçue. Il faut juste réanimer mon conjoint quatre fois lorsqu’il voit le prix pour deux sandwichs, deux portions de croustilles, deux salades de chou et deux boissons gazeuses: 42 piastres. US. Viarge.

Lobster roll

L’appétit nous dévore et nous nous installons rapidement sur un banc de bois, la fraise tournée vers les vagues. Nous engloutissons cette guédille au pain grillé avec enthousiasme. Les morceaux de homard sont tendres, énormes!, et le pain est délicieux. La seule chose qui me fait sourciller, ce sont les croustilles: pourquoi ne pas avoir choisi les chips Cape Cod?!

Une fois la digestion terminée, nous nous rendons à l’épicerie la plus près, en dehors du cercle touristique. Déjà qu’on s’est fait ramoner sauvagement le derrière avec les lobster rolls, on ne se fera pas avoir avec l’alcool. Doux Jésus. Il y a à peu près la moitié d’une rangée consacrée au whiskey, vodka et autres liquides diaboliques… devant les chips et les cochonneries trop salées. Ils l’ont-tu l’affaire les Amarécains…!

De retour à l’hôtel, j’ai cette envie pressante de me promener sur la plage pieds nus dans l’eau. Elle est frette même en pleine canicule au mois d’août, qu’ils disent. Ouain, pis?

C’est une de ces expériences qu’on ne peut répéter ailleurs. C’est singulier. Être en contact avec le sol, sans contrainte, c’est libérateur. La fraîcheur de l’eau, c’est secondaire. Alors que le ciel se couvre et que la brume nous entoure, j’ai Yellow de Coldplay qui tourne en boucle dans ma tête pendant que je traverse le paysage côtier.

Yellow

Le lendemain et les jours suivants, nous marchons pendant des heures. Nous arrivons à l’hôtel, brûlés par la fatigue et nous nous levons tôt le lendemain pour savourer les variations de lumière à la plage jusqu’à la tombée du jour, un verre à la main. Il y a de la beauté naturelle partout, en tout temps.

Beauté Ogunquit

Je me rends compte que, ce qui m’importe, c’est la mer et la bouffe. Les gens sont gentils, les fleurs sont jolies, les maisons sont bien entretenues mais je m’en balance de tout ça, en vérité.

Je ne peux pas être plus heureuse que lorsque je m’assois devant l’océan avec une chaudrée de palourdes maison sous mon nez.

Chaudrée de palourdes

Il n’y a rien qui puisse surpasser le bruit des galets qui glissent vers la mer.

L'eau sur les galets

Il n’y a rien comme le son profond et impressionnant des vagues qui frappent violemment les rochers noirs.

Vagues violentes

Il n’y a rien comme l’air frais que je respire pendant que mes pieds s’enfoncent dans le sable trempé.

Pieds dans l'eau

Il n’y a rien comme ce sentiment de liberté rafraîchissant alors que je lâche prise.

Si j’avais à mettre un mot sur cette expérience, je la décrirais comme inspirante parce que, devant cette immensité, le sentiment est si puissant qu’il est simple pour moi de tasser les choses insignifiantes que j’ai priorisées jusqu’à présent. J’oublie facilement ce qui mine mon énergie. Ça n’a plus aucune valeur à mes yeux. C’est comme si l’air marin nettoyait l’esprit. Les idées se simplifient. Le rythme est au ralenti. Je ne suis pas plus lente, je suis simplement plus attentive à ce qui se passe à l’intérieur, d’abord, et autour, ensuite.

Ogunquit paysage

Je vois de l’inspiration dans le rythme des vagues: peu importe les tempêtes, le mouvement de l’eau reste le même depuis des millions d’années. L’océan peut être imprévisible, certes, mais il reste fidèle à sa propre nature. Il en n’a rien à cirer des marins, des oiseaux, des poissons et des bateaux. Il prend et donne avec désintéressement. Il n’y a pas de haine ou de colère chez lui: ce ne sont que des perceptions externes. Avec les marées hautes et basses, il crée une nouvelle musique, une nouvelle poésie à chaque jour. Il vit pour lui-même. C’est tout. Son souffle lui est propre et ce qu’il offre, en l’occurrence la beauté, le divertissement et la nourriture, est un cadeau pour moi.

Ça fait grandement changement.

Ogunquit au soleil

De moules et de frites

Plat très populaire au nord de la France et en Belgique, l’union moules-frites est aussi pertinente que le beurre sur le pain, le concombre avec la tomate ou le chocolat avec le lait.
 
Ça fitte, c’est tout. C’est simple. C’est dans la face. Les bijoux de la terre et de la mer font bon ménage, dans ma bouche en tout cas.
 
Dans l’esprit québécois, si vous avez la même perception que la mienne, l’idée du moules-frites rappelle les soirées chaudes à la terrasse, les pieds dans l’herbe et le pif rosé dans un verre de blonde pétillante et rafraîchissante ou de pinot blanc fruité d’Alsace.
 
Il ne faut pas oublier la mayonnaise avec les frites et surtout, surtout!, il faut laisser émerger ce plaisir de manger avec ses doigts.
 
PRÉPARATION DES MOULES
 
– un sac de moules (prévoir environ 1 kilo et demi par personne)
– eau froide
– 1 paire de mains
 
Regardons les choses simplement. Pour se fixer à une paroi, la moule sécrète des fibres dont l’ensemble se nomme le byssus ou la barbe si vous préférez. Il se peut que vos mollusques affichent une gueule barbue: il suffit de tirer sur les filaments pour ébarber votre moule. Pas besoin d’aller chercher un rasoir.
 
L’essentiel est de s’assurer que la moule est fraîche. En effet, en les plongeant quelques minutes dans l’eau très froide, vous pourrez vous débarrasser des coquilles ouvertes ou brisées puisqu’il est déconseillé de manger leur contenu. Si des moules se referment aisément ou font des bulles, c’est qu’elles sont bien vivantes et peuvent terminer leurs beaux jours dans votre estomac. Si elles vous parlent, reculez lentement et sortez de votre cuisine.

Moules et frites

                                                             MOULES À LA NINI
 
– 1 grosse tomate coupée grossièrement
– 2 gousses d’ail hachées finement
– 1/4 de tasse d’oignon coupé grossièrement
– 1/2 tasse de vin blanc sec
– pincée de fines herbes italiennes séchées
– un peu de beurre
 
1. Sortir une casserole très profonde. Faire revenir l’oignon et l’ail dans un peu de beurre à feu moyen-élevé. Ne pas faire brunir.
 
2. Ajouter le vin et faire cuire 2 minutes en brassant souvent. 
 
3. Ajouter les moules, la tomate et les fines herbes italiennes. Couvrir et vérifier la cuisson des moules. Si elles sont ouvertes, c’est qu’elles sont cuites!

Comme j’aime manger avec mes doigts, rien n’égale la dégustation de moule avec une coquille!

Dégustation de moulesServir avec des frites dorées et de la mayonnaise à l’ail.
 
À boire! Suggestion de bière blonde (ou blanche) ou du vin blanc. Allez-y, expérimentez!

Le lapin est passé

Comme une gamine de 6 ans qui est tombée dans une marmite de Red Bull, je me tortille en attendant que mon conjoint se réveille. Il n’est même pas 8 heures. Je piétine d’impatience dans le salon. Ça y est, j’me lève, c’est insupportable. Je vais le réveiller. Tout est dans la manière de le faire sinon j’ai droit à un reniflement de désapprobation et du chougnage.

Que la chasse commence!

Mon impatience est légitime: j’ai vu un bout de papier brillant et coloré dépasser de la chandelle dans ce coin et un petit oeuf en chocolat qui traîne tout bonnement dans ce verre sous le bar. À presque 30 ans, j’ai encore ma chasse aux oeufs et je revendique mon droit d’être gaga…

Lapin, poule et poisson

Si le matin de Pâques fait ressortir mes traits immatures d’enfant terrible du cacao, je me réserve tout le reste de la journée pour faire l’adulte et cuisiner pour mon cher conjoint qui, espérons-le, commence à oublier ma série de cris de joie traumatisants et stridents à la vue du chocolat.

L’overdose est encore bien loin.

Pendant que le jambon aux épices jamaïcaines et à la bière rousse cuit doucement au four, les fromages fins, la baguette tranchée, le p’tit blanc pétillant et les oeufs farcis s’amusent à m’ouvrir l’appétit.

Oeufs farcis

Rétro, quétaine, mettez l’adjectif que vous voulez mais je sais que vous ne pouvez résister à ces bouchées tendres et soyeuses.

OEUFS FARCIS POUR DEUX

– 4 oeufs

– 2 c. à table de mayonnaise

– 1/2 c. à table de Dijon

– ciboulette au goût

– 1 pincée de piment de cayenne moulu

– 1 pincée d’ail en poudre

– sel et poivre

– olives farcies tranchées en deux

– paprika doux

1. Déposer les oeufs dans une petite casserole et couvrir d’eau froide. Cette étape est importante car les oeufs risquent de se briser lorsqu’on les met immédiatement dans l’eau bouillante.

2. Lorsque l’eau commence à bouillir, cuire pendant 7 minutes.

3. Retirer la casserole immédiatement et plonger les oeufs dans de l’eau très froide pour arrêter la cuisson. Enlever la coquille dès qu’elle tiédit.

4. Couper les oeufs en deux sur le sens de la longueur. Avec une petite cuillère, retirer délicatement les jaunes et les mettre dans un bol.

5. Réduire les jaunes en purée avec une fourchette. Ajouter tous les ingrédients sauf le paprika et les olives.

6. Farcir chaque moitié d’oeuf avec la garniture à la cuillère, à l’aide d’une poche à pâtisserie ou avec un sac en plastique style Ziploc (il faut couper une des extrémités. C’est la version rapide de la poche à pâtisserie.)

7. Insérer les demies olives dans la garniture.

8. Étape essentielle: couvrir d’un film plastique sans écraser les oeufs et réfrigérer pendant quelques heures. À la sortie du plat, saupoudrer de paprika.

Pour se sucrer le bec (comme si ce n’était pas déjà fait avec le chocolat de Pâques!), qui dit printemps dit tarte Tatin. Ce dessert solognot est issu d’une heureuse erreur. En effet, une des soeurs Tatin aurait oublié de mettre une abaisse en dessous des pommes et l’aurait enfournée avec une seule abaisse par dessus les fruits.

Tarte Tatin

TARTE TATIN

– une abaisse de pâte sablée, feuilletée ou brisée

– 6-7 pommes Royal Gala, Cortland (ou n’importe quelle pomme qui tient à la cuisson), épépinées et coupées en quartiers

– 1/3 de tasse de beurre

– 1/3 de tasse de sucre

– 1 c. à soupe d’eau

– jus de citron

– cannelle (facultatif)

1. Préchauffer le four à 400 degrés F.

2. Éplucher, épépiner et couper les pommes en quartiers. Arroser de jus de citron pour éviter qu’elles brunissent.

3. Pendant ce temps, faire fondre le beurre dans une poêle en fonte ou dans un moule à tarte tatin à feu moyen-fort. Ajouter le sucre et l’eau et brasser souvent pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que l’appareil prenne la couleur d’un caramel blond.

4. Retirer du feu. Disposer les pommes bien serrées dans la poêle. Recouvrir avec la pâte et s’assurer que le surplus glisse vers l’intérieur afin de bien emprisonner les pommes.

5. Mettre au four pendant 20 minutes ou jusqu’à ce que la pâte soit dorée.

6. Laisser tiédir au moins 20 minutes (la fonte, c’est chaud longtemps!) avant de retourner la tarte sur une assiette de service.

À servir nature, avec de la crème glacée ou avec un filet de crème épaisse.

Les expériences culinaires amoureuses

La St-Valentin. L’excuse parfaite pour roucouler comme un pigeon à l’ouverture de la bouteille de champagne et faire les yeux doux à son conjoint pendant qu’on s’empiffre de chocolats haut de gamme. De son côté, il s’imagine peut-être qu’un vêtement glissera nonchalamment à côté du corps de sa douce à chaque remplissage de son verre (parce que mine de rien, commencer la soirée avec des bulles avant de manger, ça peut rentrer dans l’dash en tab…). De son côté à elle, elle espère ne pas être trop saoûle pour marcher, mais juste assez pour avoir un certain contrôle durant la soirée.

Champagne Veuve ClicquotSi ce type de scénario avait à se pointer le bout du nez (ou de la rose, parce que c’est toujours plus agréable de recevoir un bouquet de roses que de nez même si je suis pas trop flower power), c’est clair que nous, les réalisateurs, acteurs, monteurs et gérants de cinéma de notre intimité (vraiment, ça demande beaucoup d’attention sur tous les plateaux de notre longue séquence amoureuse), nous n’aurions jamais voulu reproduire cette scène classique dans un restaurant. Remarquez que je n’ai absolument rien contre les gens qui s’excitent à enlever leur ceinture de pudeur dans les lieux publics, mais ce n’est pas là la question; j’veux parler de bouffe, pas de touffes.

Idée de génie du siècle du vendredi 14 février: rester en légère tenue, au chaud, chez soi, au naturel plutôt qu’en paillettes, les pieds dans des bas en poil de moumou qui glissent partout plutôt que dans les talons hauts. Meilleure décision à vie de choisir le traiteur de l’Europea pour nous sentir chouchoutés par toute leur bienveillance et leur savoir-faire. Ils pensent à tout, vous savez.

Traiteur EuropeaC’est en me délectant d’avance en bavant allègrement sur mon clavier que j’envoie un courriel à Europea Espace Boutique pour leur énumérer ce que je voudrais bien me mettre sous la dent. Je prends même la peine de spécifier que je ferais des bassesses pour du chocolat au dessert et que mon copain est friand de fruits ou de caramel. Sans péter votre bulle, sinon sans vous tenir en haleine inutilement (ou en mauvaise haleine si vous lisez cette histoire au réveil ou que vous souffrez d’halitose (va falloir faire checker ça parce que ça scrape les bonnes expériences culinaires)), ma requête ne s’est pas retrouvée dans le département des espoirs perdus. Petit bémol: même si leur menu par internet est très accessible, l’idée d’un formulaire avec des cases à cocher, à remplir et à envoyer par courriel ou par fax afin d’alléger la tâche sans devoir répéter sa commande de vive voix ou par écrit aurait été la bienvenue. Mais bon, c’est la nourriture qui intéresse.

Formule tout froid

Comme j’ai choisi un repas qui se mange froid, la faim se comble rapidement. En entrée, nous dégustons une salade d’endives recouvertes d’une généreuse portion de Bleu Bénédictin. La qualité exceptionnelle des tomates cerises, des raisins et des noix de Grenoble montre bien la mission de l’Europea, de leur restaurant jusqu’au traiteur: offrir le meilleur, que ce soit dans le plus petit détail ou dans la simple présentation de l’aliment.

Les plateaux repas sont soigneusement placés dans des grandes boîtes blanches et grises enveloppées par l’amour du bien-faire. Une aura semble émaner autour de ces plateaux étampés par le sceau de l’excellence culinaire. En ouvrant la boîte, nous voyons que tout est prêt: le beurre, le sel et le poivre sont offerts de même que les couverts qui sont délicatement retenus par du ruban argenté. Chacun des plats est méticuleusement disposé dans un cocon de plastique transparent afin que notre regard puisse s’en prendre plein la gueule avant même que la main ouvre maladroitement les coffrets dans un tourbillon d’excitation.

À moins de 30$ par personne, nous profitons du foie gras et du saumon fumé en entrée, de l’appétissante queue de homard avec une rémoulade de céleri rave à l’huile de truffe ainsi que des tranches ultra-tendres de rôti de veau accompagnées de légumes grillés rappelant la réconfortante ratatouille. Après le repas principal, nous goûtons à un excellent cheddar de chèvre noir et des figues bio.

Cheddar chèvre noir et figue

Pour dessert, ils ont tout compris: je suis morte de plaisir sur place avec ma dose de chocolats et mon conjoint s’est réjoui de sa tarte à la framboise et à la pistache.
Tarte au chocolat
Tarte framboise et pistache
Mais ce n’est pas tout! Croyez-vous vraiment que j’allais satisfaire ma curiosité en arrêtant mon choix que sur un seul dessert?
Macarons et tache de vin
Je veux des macarons! J’exige des macarons! J’ai laissé le choix de la palette de saveurs à la maison et je suis agréablement surprise par celui au chocolat et à la noix de coco.
Paris-Brest
Le Paris-Brest, pâte à choux aérienne fourrée de crème mousseline pralinée avec d’énormes noisettes et des amandes effilées, est chaudement accueilli pour satisfaire la rage de noix.

Malgré tout ce plaisir, il y a un MAIS, un gros MAIS. Soyez avisés: ça n’enlève rien aux talents de l’équipe et du chef Jérôme Ferrer, je reconnais leur dévouement pour la bonne chère, le service à la clientèle impeccable et l’écoute attentive des besoins gastronomiques d’autrui mais… en ce moment, depuis quelques temps, ce n’est plus ce qui me fait vibrer. Ça, ça m’appartient, c’est à moi, c’est ma perception et ça n’a rien à voir avec la critique: en fonçant vers cette expérience, elle me montre que j’emprunte une autre voie, tout simplement, et je ne regrette surtout pas mon choix.

Pourquoi toujours courir ce que la critique considère de ce qu’il y a de plus beau, de plus bon, de plus bien pour flasher? Parce qu’au fond, c’est ça finalement: c’est de montrer aux autres, ultimement pour se convaincre soi-même, qu’on a des papilles de qualité et assez de goût pour être capable de se le permettre et je ne veux plus nourrir cette idée. Justement, je préfère être de ceux qui encouragent et qui s’émerveillent à la simplicité (et c’est en partie ce que j’ai trouvé chez Europea): la planète est déjà saturée de gens qui critiquent. Hé ho, inutile de me juger pour le champagne: c’est une tradition, pas une influence extérieure.🙂

Je respecte et reconnais mon réel plaisir relié à cette expérience gastronomique, mais pour moi, l’Europea n’est plus une finalité en soi. Je me rends compte qu’en réalisant cela, la pression que je m’étais mise sur mes épaules s’est évanouie. J’ai entrevu le décor de l’Europea, ses artistes, sa cuisine et je ressentais un profond malaise mêlé d’admiration et d’excitation sans borne. Dualité sentimentale trop forte qui m’a coupé l’appétit. Ce n’est pas que je ne le mérite pas, c’est que, dorénavant, je cesse de tenir entre mes dents l’idée que je serai bien plus heureuse si je participe au spectacle entourant ces repas. Ce n’est plus ma réalité. J’y retournerai sûrement, un jour, juste pour voir, pour le plaisir.

Ce n’est pas nécessaire de m’impressionner avec le plus complexe, le plus recherché de tout; j’étais déjà sur le cul en constatant la fraîcheur de la noix de Grenoble dans ma salade ou l’explosion en bouche de la framboise au dessert. Il en était de même avec la figue et le pain. C’est de savoir quoi faire avec ce qu’on a, aliment recherché ou pas et, surtout, de bien le faire, en renouvelant à chaque fois la démonstration de son respect et de sa passion pour la nourriture.

L’été, plus agréable à vivre qu’à l’écrire

Puisque l’été est beaucoup plus agréable à vivre qu’à l’écrire, je vous présente en rafale mes virées de bouffe importantes du mois de juillet.

L’été, c’est de se rappeler à quel point le goût naturel du concombre est doux, à quel point les viandes grillées sur le barbecue sont savoureuses et qu’il fait bon de se chauffer la peau au soleil.

Ah, cher été, je me réconcilie avec toi!

Chapitre 1: la trempette

Tzatziki

Tzatziki, légumes. Les secrets d’une bonne tzatziki, ben, y’en n’a pas beaucoup. C’est la richesse et l’onctuosité du yogourt grec qui remportent les honneurs.

Tirokafteri

Tirokafteri, tartinade de fromage aux poivrons rouges grillés. Si par malchance vous oubliez poivrons et/ou oignons au four et que vous croyez que la fumée vient de gâcher vos légumes, dites-vous que vous êtes bénis par les dieux de la bouffe. Rien de plus délicieux qu’un subtil parfum de fumée dans cette trempette au feta de lait de chèvre, au fromage à la crème, à l’ail et à l’origan frais.

Bruschetta

Bruschetta et pain au beurre composé à l’ail. Des invités s’annoncent à la dernière seconde ou vous n’êtes pas motivés à cuisiner durant la canicule? Dans les deux cas, cette bruschetta simplissime vous ravira. Il ne faut que des tomates italiennes en dés, un peu d’oignon, de l’origan, du persil, une touche de vinaigre balsamique vieilli et un trait d’huile d’olive.

Chapitre 2: l’entrée

Saganaki

Saganáki, poêlée de fromage flambé. Le Kefalograviera est un fromage grec à pâte dure très salé, produit à base de lait de brebis et de chèvre. Enfariner le fromage, faire frire dans l’huile d’olive et flamber à l’ouzo, un apéritif à l’anis.

Antipasti

Lorsque le temps n’est pas propice à l’élaboration complexe d’un plat, l’assiette d’antipasti est idéale pour se donner le goût de laisser balader nos doigts dans la variété d’aliments salés, sucrés, huileux, secs, croquants et tendres.

Chapitre 3: la salade

Salade grecqueSalade grecque. Un salade parfaite ne contient pas de légumes brûlés par l’acidité cuisante d’une vinaigrette accaparante. En d’autres mots, faites donc votre vinaigrette vous-mêmes: celles du commerce vont inévitablement masquer le goût des tomates et des concombres gorgés de soleil. Un truc pour faire sauter la saveur de la tomate sur les papilles: ajoutez du sel et laissez les quartiers de tomates reposer plusieurs minutes.

Chapitre 4: le plat de résistance irrésistible

Carbonara

Spaghetti carbonara. Synonyme de décadence, ce plat de pâtes ne contient que des aliments proscrits par votre médecin: bacon, crème 35%, jaunes d’oeufs et fromage. Pour rajouter un peu de goût, l’ail, le poivre et le persil se joignent à la fête. La «sauce» aux oeufs est constituée de jaunes d’oeufs, de crème, de muscade et de fromage. Il faut d’abord faire cuire le bacon et l’ail dans une poêle et les pâtes dans une autre. Lorsque les pâtes sont cuites à votre goût, y déposer le bacon chaud et l’ail. Avec des pinces, brasser rapidement les pâtes pendant que la sauce aux oeufs est incorporée dans le mélange de pâtes.

Épaule d'agneau

Épaule d’agneau. Les puristes comme mon conjoint ne veulent pas d’assaisonnement sur leur viande. Je triche un peu, sachant parfaitement qu’une marinade à base d’huile d’olive, de jus de citron, d’ail, d’origan et de romarin ne peuvent qu’accentuer le goût singulier de l’agneau. Quelques minutes sur les flammes suffisent pour libérer les saveurs absolument irrésistibles de l’agneau. Même les restants de viande ont été dévorés en soirée.

Chapitre 5: le dessert

Crème glacée maison

Crème glacée aux fraises du Québec. C’est avec beaucoup de joie que je célèbre l’été avec de la crème glacée aux fraises. Riche, onctueuse, (et surtout faite maison!), ce dessert rafraîchissant procure le plus grand des bonheurs lorsqu’il est accompagné de meringue maison, perle blanche aérienne et croquante, de morceaux de fraise légèrement amers et d’un biscuit sucré.

Tiramisu

Tiramisu. Crème, cacao, café, boudoirs, mascarpone et Amaretto: combinaison parfaite pour un dessert froid symbolisant le «remonte-moral» italien.

Heureusement que l’été n’est pas terminé!

Santé!

Pour gagner le coeur d’un homme, passez par son estomac

Puisque les cieux sont incertains depuis le début de l’été, je n’hésite plus à inviter les gens à la dernière minute, espérant être bénie par la bienveillance du soleil et par la douceur de la brise. Longtemps sous l’influence des rendez-vous gourmands organisés des semaines à l’avance, je ne me préoccupe plus de la planification de menus pointus et cérébraux qui ne me permettaient pas de profiter de la compagnie de mes invités.

En ce samedi ensoleillé de juin, ma table est entourée d’hommes affamés dont l’esprit est réchauffé par la promesse d’un copieux repas. Je laisse parler le goût brut des aliments. Je veux surtout enraciner le plaisir dans la simplicité, le plaisir en caractère gras: pas de jeux complexes de papilles, pas de casse-têtes de goûts. Il faut séduire rapidement mais surtout efficacement.

Un peu de foie gras en entrée, Messieurs?

Zéphyr et foie grasMalgré la férocité de l’appétit masculine, les hommes n’argumentent pas avec cette bouchée de mousse de foie gras recouverte d’une confiture d’abricots épicée. Le sel du biscuit apaise le goût sucré de la compote qui est rehaussée par les notes piquantes de gingembre, muscade, cannelle, clou de girofle et de piment de cayenne moulu. Les épices sont ensuite adoucies par une gorgée de Zéphyr, un vin de fraise québécois délicat et balancé.

C’est après quelques verres et blagues très grasses que le feu est allumé pour qu’il caresse gentiment les grilles du barbecue avant d’y déposer les pièces de viande.

Avec la gentille permission de Nicolas Sobczak

Chers lecteurs, si vous n’avez pas l’eau à la bouche à la vue de ces joyaux protéinés de Black Angus, votre source d’excitation est un bien grand mystère pour moi. Les «oh» et les «ah» admiratifs de mes invités ont cédé à la pression des rugissements et des grognements d’excitation dignes des Cro-Magnons de la plus distinguée des civilisations. La cérébralité rétrécit pour se transformer en une boule de chaleur au fond de l’estomac: nous avons faim et nous avons hâte de déchirer notre steak à pleines dents, moi la première.

Épi blé d'Inde

Il n’est pas nécessaire de séduire ses invités par des empilements de textures et des éventails de goûts à peine perceptibles par des papilles qui se noient tranquillement dans l’alcool. Vous savez, faire plaisir n’est pas qu’une affaire de luxe, de travail de longue haleine et/ou de rareté en cuisine: faire plaisir, c’est d’être en mesure de rattacher celui qui mange à une expérience intime que lui seul peut comprendre, peut vivre. C’est avoir ce pouvoir, en tant qu’hôtesse, de gagner son coeur en passant par son estomac. Ce pouvoir est facilement atteignable en présentant des aliments que l’invité connaît déjà mais qu’il redécouvre dans un contexte social restreint dans lequel il est à l’aise et peut se laisser aller (sans blague, vous ne mangez pas du maïs à un rendez-vous galant vu les trop hautes possibilités de vous faire sacrer là par le sujet de votre désir pris de dégoût en voyant votre dentition s’encombrer de particules dorées).

Légumes grillés

Cuisine naturelle, brute, conviviale. Laissons de côté la transformation à outrance des aliments et laissons-les chanter sur le feu, sous le beurre, dans notre bouche. Il n’y a rien au monde de plus émouvant que de trancher un oignon grillé qui ramolli sous la lame du couteau et qui fond comme du beurre dans la bouche pendant que la douce chaleur du couché de soleil fait ruisseler les gouttelettes sur la bouteille de vin froide. Y’a rien de plus émouvant. Bon, ok, y’a p’t’être des p’tits chiens qui hochent de la tête, un gamin qui aide mémé à traverser la rue et des bébés qui font areu mais là n’est pas la question!

Repas royal!

Si vous voulez gagner le coeur d’un homme, passez par son estomac. Fini le flafla estival avec les 36 sortes de salades, les petits apéros délicats qui cassent ou qui se mouillent dans le jus de salsa commerciale; finies les longues préparations qui vous engraissent les chevilles de stress; finies les longues soirées à récurer chaudrons et casseroles! Même si vous êtes un cordon bleu, croyez-moi, mesdames, vos hommes vous veulent à votre table, avec eux. Vous êtes leur star d’un soir… jusqu’à ce que vous leur rappelez vos talents de simplicité culinaire en leur préparant un déjeuner gourmand le lendemain.

Et après le repas?

Fraises du Québec

Puisque nous avions mangé comme de vilains petits cochons, nous donnons un répit à notre estomac en dégustant les fraises du Québec. C’est si bon que nous avons l’impression de manger l’interdit! Des fraises, tout modestement, dans leur plus simple appareil (les fraises là, pas mes invités!). Pas de vinaigre balsamique dispendieux, pas de crème fouettée, pas de sucre; nous plongeons nos doigts dans le bol et nous mordons goulûment dans ce petit fruit gorgé de bonheur.

Puis, nous nous vautrons dans la verdure en regardant les formes se dessiner dans le ciel, le ventre plein, le coeur léger.

Crédit Nicolas Sobczak photos 2 et 4.

Arabian nights

Plusieurs d’entre nous connaissent l’hummus, le pain pita, le falafel et la salade fattouche. Ces préparations se retrouvent dans tous les bons restaurants arabes et sur presque toutes les tablettes d’épiceries. Inutile d’insister qu’il est plus gratifiant lorsque le festin est préparé de nos mains.

Pour moi, la cuisine libanaise est familiale, conviviale et très généreuse. C’est de garnir la table de plusieurs petits plats facilement accessibles avec les doigts ou avec le pain pita. C’est ce qu’on appelle le mezzé. Les yeux sont interpellés par les multiples tons de beiges et de bruns enjolivés par les touches colorées des légumes et des fines herbes comme des fleurs qui poussent ici et là dans les dunes dorées du désert.

Hummus

Un repas sans faire trempette, c’est bien triste. C’est pourquoi l’hummus est un allié privilégié. Dans un robot culinaire, il suffit de réduire en purée une boîte de pois chiches (sans le métal de la conserve, c’est meilleur pour la digestion), le jus d’un citron, 3 grosses cuillères à soupe de tahini (pâte de sésame), deux gousses d’ail, un filet d’huile d’olive et du sel. Rapide à préparer et nourrissante, cette purée de pois chiche crémeuse et citronnée va de paire avec le pain pita, les crudités et autres amuse-gueule.

Boulette de boeuf épicée

Bien qu’elles aient l’air fades et ennuyantes, ces boulettes de boeuf sont très épicées et relevées! Dans un bol, mélanger la même quantité de poivre, de cannelle et de coriandre moulue, soit 1/2 c. à thé. Ajouter 1 c. à soupe de menthe séchée, de purée de piment fort et du sel. Incorporer 2 lbs de boeuf haché et former des petites boulettes. Faire mijoter dans 3 tasses d’eau et un peu d’huile d’olive pendant 40 minutes. Ces boulettes sont tendres, parfumées et viennent allumer les papilles!

Falafel

Le falafel, quel incontournable! C’est une bouchée du Proche-Orient faite de pois chiches et frite dans l’huile. Je vous assure que je n’ai jamais mangé des falafels aussi aériens, croustillants et tendres à la fois. La plupart du temps, je constate que les falafels de la restauration rapide sont lourds, secs et gorgés de gras. Lorsque la cuisson est approprié, il vaut grandement la peine d’en faire chez soi. Dans un robot culinaire, mélanger une boîte de pois chiches, la moitié d’un gros oignon blanc, 2 gousses d’ail, une poignée de persil frais, 1 c. à soupe de farine, 1 c. à thé de cumin, 1 c. à thé de coriandre moulue, une pincée de poivre, une pincée de piment de cayenne, une pincée de muscade et du sel. Il faut pulser l’appareil jusqu’à l’obtention d’un mélange dont la texture se situe à mi-chemin entre le couscous et l’hummus. Réfrigérer quelques heures afin que les saveurs se mêlent. Former des petites boules et faire frire quelques minutes dans de l’huile chaude. Vous tomberez en bas de votre chaise!

Fattouche

Je suis pleinement heureuse que lorsqu’il y a de la salade. Cette salade est composée de laitue fraîche, tomate, concombre, poivron, oignon vert, persil, menthe, citron, huile, ail, de pita frit et de sumac. Le sumac est une épice rouge-ocre qui goûte comme l’assaisonnement saupoudré sur les croustilles au ketchup.

Poulet citron et ail

Comme le temps n’est pas propice à l’époussetage du barbecue, ce délicieux poulet cuit dans la poêle de fonte classique. Il a mariné pendant plus de 10 heures dans un mélange de 12 gousses d’ail (vous avez bien lu!), une tasse de jus de citron fraîchement pressé, de 2 tasses d’huile d’olive et un peu de sel.

Pour rajouter un peu plus d’ail à cette aventure libanaise (je sentais qu’il y en n’avait pas assez), j’accompagne la volaille d’une sauce toum, qui se résume à de la crème d’ail. Dans un mortier, écraser, piler, râper, bref, écrapoutir en tournant et en raclant 5 gousses d’ail. Ajouter un peu de jus de citron et du sel jusqu’à ce que le mélange s’apparente à de la purée. Ajouter une tasse d’huile en très mince filet et poursuivre le fouettage au pilon jusqu’à ce que vous ayez une tendinite. La prochaine fois, je pense que je vais la faire au robot culinaire. Mais quel délice!

Comment décrire ce superbe repas? Frais, relevé et très très très, ahum, très chargé en ail. Assurez-vous que vos invités en mange autant que vous sinon c’est la zone sinistrée pour plusieurs jours.

Plus sérieusement, cette expérience singulière n’est pas qu’un simple repas, c’est un état d’esprit.

Sahten!

P.s. si vous avez des amis adeptes de cette cuisine, demandez-leur de vous faire un thé à la menthe marocain. Vous n’avez aucune idée a quel point cette boisson chaude est délicieuse!